Prière RCF
Vendredi 6 mai 2016 — Dernier ajout samedi 7 mai 2016

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Jn 16, 20-23a
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Votre joie, personne ne vous l’enlèvera.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous allez pleurer et vous lamenter,
tandis que le monde se réjouira ;
vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine
parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né,
elle ne se souvient plus de sa souffrance,
tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,
mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;
et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Jn 16, 20-23a, © AELF, traduction liturgique

Commentaire

De la peine à la joie, c’est l’idée qu’on peut retenir de ce petit texte d’évangile, avec comme comparaison les souffrances de l’accouchement débouchant sur la joie de la naissance. Certes, il faut être une femme pour éprouver cela, mais tout père de famille a pu aussi ressentir indirectement ce passage de la douleur au bonheur.

Les chrétiens de cette époque étaient soumis à des brimades, des persécutions et leur vie n’était pas facile. Ils pouvaient légitimement se demander s’ils allaient pouvoir vivre en paix un jour. Cette paix arrivera au IVe avec l’empereur romain Constantin qui autorisera le culte chrétien.

Si chez nous, en Europe, nous ne sommes plus persécutés, il nous arrive de attrister devant ce qu’on appelle la sécularisation : il y a moins de baptêmes, mois de mariages à l’église, mois de sépultures chrétiennes. Nous nous demandons jusqu’où cela peut aller, et certains pensent que c’est la fin.

Jésus ne pensait pas forcément à cela quand il parlait ainsi, il avait en tête la situation de l’époque. Mais ce qu’il dit s’adresse à nous aussi. Certes une image de l’Église et de son organisation semble disparaître, mais tout n’est pas négatif loin de là : les grands rassemblements, que ce soit à Taizé ou aux JMJ drainent toujours une foule de jeunes considérables, on est beaucoup moins qu’avant des « cathos sociologiques », où on allait à la messe parce que cela faisait plaisir à la grand-mère, il y a aussi par exemple de plus en plus de laïcs engagés dans l’Église, qui prennent leur part des tâches de la communauté, qui se forment, nous avons même des femmes docteurs en théologie. C’est cela qui donne déjà les contours de l’Église de demain.

Cela s’appelle l’espérance, et c’est justement le thème de notre Synode diocésain qui compte actuellement plus de 800 équipes. Cela fait une moyenne de presque 15 par paroisse, plus d’une par relais en tout cas. Quand on entend aussi le Pape François et que l’on voit le retentissement qu’il a dans le monde, bien au-delà des cercles catholiques, on se dit que nous n’avons pas nécessairement les bons instruments de mesure pour savoir si la fin de notre Église est proche ou non. Certes, des choses changeront. Déjà nous sommes certainement plus ouverts aux choses de ce monde et même aux soucis de nos contemporains que dans les décennies passées.

Jésus nous dit : « Maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera ». Ayons confiance, soyons attentifs aux signes des temps comme nous demandait il y a plus de cinquante ans le Concile Vatican II, vivons aujourd’hui l’Espérance.

Seigneur, fais-nous voir les signes d’espérance autour de nous, fais que nous nous associons à la construction de ton Église pour annoncer ton Royaume, ici et maintenant à nos frères et nos sœurs dans le Christ.

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Voir en ligne : La prière du vendredi 6 mai 2016 sur RCF-Côtes d’Armor