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Mercredi 25 août 2010 — Dernier ajout vendredi 4 octobre 2013

N°8 : Maîtriser l’utilisation des hyperliens Enregistrer au format PDF

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L’utilisation de l’hypertexte

Y a-t-il un nombre de liens maximum recommandé ?

L’ennemi de l’hypertexte, c’est l’hypertexte lui-même… Abusez de l’hypertexte et vous ne tarderez pas à dérouter votre visiteur. Évitez donc l’effet « labyrinthe » dans la mesure du possible ! Un utilisateur ne devrait jamais avoir à explorer des forêts de boutons pour obtenir de simples
informations.

Il est toujours délicat de proférer une règle absolue tant les choses peuvent dépendre du contexte (par exemple, il est communément admis qu’un moteur de recherche ou un média généraliste proposera une grande densité de liens, par comparaison avec un site d’institution ou d’entreprise).

Néanmoins, voici quelques ordres de grandeur largement partagés :

  • Ne pas dépasser 7 hyperliens à un même niveau
    (Plusieurs études neurophysiologiques indiquent que notre cerveau est capable de prendre en compte, d’un seul coup, 7 « paquets » d’informations. Au-delà de ce chiffre, nous passons à un mode de lecture morcelé, nettement moins efficace. C’est tout à fait sérieux. Si vos hyperliens sont trop nombreux, découpez donc l’information en plusieurs sous-groupes !)
  • Maximum 20 hyperliens sur votre page d’accueil
  • Maximum 5 hyperliens intégrés au contenu
    (Sous peine de provoquer d’excessives digressions !)

Faut-il intégrer les liens dans le corps de l’article ?

Les liens sont intéressants pour proposer de l’information complémentaire, mais ils sont aussi une affreuse incitation à la digression ! Au sein d’un article, les liens entrent clairement en compétition avec le principe économico-journalistique qui veut que l’on accroche le lecteur et qu’on essaie de le garder.
C’est la raison pour laquelle, dans la mesure du possible, nous vous conseillons de détacher vos liens du corps même de l’article. Vous pourrez intégrer 4 ou 5 liens, particulièrement pertinents, mais pas beaucoup plus.

Les liens qui fonctionnent le mieux de manière intégrée sont, en général, les liens en relation très étroite avec le contenu, voire nécessaires à sa compréhension : des liens du type « notes de rédaction », « définition » ou « exemple associé ». Un bon exemple de ce type de lien est le lien "effet labyrinthe" que vous retrouverez au sommet de cette page. Illustrant directement le propos, il aide à la compréhension et à la poursuite de l’article plutôt qu’il n’en dévie.

En fait, le contexte de lecture entre fortement en ligne de compte dans la décision d’intégrer ou non beaucoup de liens :

  • en phase de "recherche", au niveau de l’accueil d’une section, par exemple, l’utilisateur appréciera une grande densité de liens, à condition qu’ils soient bien organisés ;
  • en phase de "consommation", il sera conseillé de ne pas trop encourager la digression et de plutôt regrouper les liens en marge de l’article, dans des encarts du type "pour en savoir plus".

Comment doivent se présenter les liens ?

Plusieurs chercheurs s’accordent pour dire que les liens hypertextes les plus efficaces sont des liens :

  • Longs (mais pas trop) : Rien ne vous contraint à placer votre hyperlien sur un seul mot !…
    Les hypertextes composés de 3 ou 4 mots fonctionnent le mieux. Plus de 5 mots, cela commence à être beaucoup : le lien est peut-être plus explicite mais il devient aussi moins aisé à "scanner".
  • Discriminants  : Les liens, surtout contigus, doivent clairement se différencier. Ne faites pas se côtoyer un lien "Nouveautés" et un lien "Actualités"… Ou alors, rendez-les plus explicites… Par exemple : "Nouveautés sur le site" et "Communiqués de presse".
  • Explicites  : C’est le paramètre le plus important. En cliquant sur un lien, le visiteur devrait avoir une idée la plus précise possible de l’information à laquelle il va avoir droit.
    Le lien lui-même devrait être composé de mots explicites, informatifs et largement compréhensibles.
  • Le lien peut aussi s’entourer d’une description textuelle (Par exemple : "eglise.catholique.fr, le site de l’Église catholique en France ")
  • Le lien peut aussi être associé à une description complémentaire sous la forme d’un attribut TITLE qui apparaît lorsque la souris s’y attarde. L’utilisation d’un tel titre est intéressante mais ne dispense en rien de prévoir un lien, en soi, le plus explicite possible.

Évitez absolument les liens du genre "cliquez ici" ou "question suivante" ou "prochaine page" qui n’ont aucun apport informatif !

Le lien doit non seulement vous indiquer clairement en quoi il est intéressant de l’emprunter, mais il doit aussi être rédigé de manière à ce que, une fois arrivé sur la nouvelle page, l’utilisateur ne soit pas dérouté. Il faut qu’il y ait un rapport évident entre ce qui a été annoncé et ce qui est effectivement proposé. Par exemple, vous éviterez de faire un lien vers une page générique, en vous référant, en fait, à une information précise, enfouie quelque part dans cette page.

Dans la mesure du possible, veillez à faire correspondre l’intitulé du lien et le titre de la page de destination.

  • Aux couleurs standards : Par défaut, sur Internet, les liens non visités apparaissent en bleu et les liens visités, en rouge pourpre. Les internautes sont, consciemment ou inconsciemment, habitués à ces repères. Le respect de ces couleurs standards au niveau des liens hypertextes explique 16% de la variation d’utilisabilité d’un site internet. Ce n’est pas le facteur le plus important, mais il compte sérieusement.

L’utilisation de couleurs non standards peut amener l’utilisateur à perdre du temps en sélectionnant involontairement deux fois un même lien, à ne pas retrouver facilement un lien intéressant sur lequel il a cliqué précédemment, voire à quitter le site prématurément en pensant erronément avoir tout visité.

Pire encore que d’utiliser des couleurs non standards est le fait de ne pas différencier du tout les liens visités des liens non visités.

  • Soulignés  : Le non soulignement des liens (aujourd’hui permis par les feuilles de style) peut être considéré comme un progrès esthétique, mais il est déconseillé par les spécialistes de l’ergonomie, pour la raison toute simple que la première conséquence du non soulignement des liens est la nécessité de les rechercher… un processus qui s’ajoute à celui de la lecture du contenu.
    Inversement, ne soulignez pas un texte qui ne contient pas de lien ; mettez-le en évidence par d’autres procédés typographiques !

Faut-il ouvrir les liens dans de nouvelles fenêtres ?

Le fait de forcer l’ouverture de nouvelles fenêtres est un procédé ressenti comme très intrusif par beaucoup d’utilisateurs.

Un certain nombre de concepteurs internet décident d’ouvrir des fenêtres distinctes dans le but de distinguer clairement des sites différents et, surtout, dans le but de retenir les visiteurs (sur le site de départ, qui reste alors ouvert en arrière-fond). Cette démarche est particulièrement maladroite.
Elle brise complètement la logique de navigation, basée sur le passage d’une URL à l’autre, au sein d’une même fenêtre… provoquant ainsi une grande confusion. Bien souvent, le visiteur moyen ne remarque même pas qu’une nouvelle fenêtre vient de s’ouvrir (surtout lorsque les fenêtres sont maximisées). Lorsqu’il tente de revenir en arrière, tout naturellement en utilisant le bouton Back, il échoue, car le bouton est alors désactivé.

Appuyant ses théories sur des centaines de tests, un célèbre chercheur épingle le fait d’ouvrir de nouvelles fenêtres comme une des dix erreurs principales actuellement commises en termes de design internet. À vous de juger.

Dans certains cas, cependant, l’ouverture de nouvelles fenêtres nous semble pertinente. En particulier lorsqu’il est nécessaire de cadrer la fenêtre dans des dimensions précises. Par exemple, pour mettre en valeur certaines informations contextuelles. Ou bien pour ouvrir une petite application en ligne.

À quoi peuvent servir les liens ?

Que ce soit de manière interne, pour naviguer à travers les différentes franges de contenu d’un site, ou de manière externe, pour relier le contenu d’un site à son contexte intellectuel et social plus global, les liens peuvent remplir plusieurs fonctions :

  • Relier un extrait bibliographique à un document original plus complet
  • Relier la table des matières d’un document à ses différentes parties
  • Relier un article à des extraits de presse le concernant
  • Relier le nom d’un auteur à sa biographie
  • Relier un sujet à des animations multimédias ou à des bases de données
  • Relier un article à d’autres articles complémentaires
  • Etc.

Faut-il retenir à tout prix les visiteurs ?

Certaines études indiquent que les sites les plus reliés (ceux qui acceptent de faire beaucoup de liens vers l’extérieur, voire vers leurs concurrents) sont aussi les sites qui attirent le plus de trafic. Sur Internet, s’enfermer dans une coquille ne semble pas être un bon calcul. La transparence et l’interconnexion paraissent nettement plus profitables. Si vous aiguillez l’utilisateur vers des informations intéressantes, même éditées par d’autres, l’utilisateur se souviendra que vous lui avez rendu service. Et il reviendra.

Hypertextes ou hyperimages ?

D’aucuns ont tort de penser que les images conviennent mieux à l’hypernavigation que les textes…

La première chose à laquelle les utilisateurs prêtent attention, ce sont les liens hypertextes.

Les images-liens ont plusieurs désavantages :

  • Elles se chargent plus lentement que le texte
  • On ne sait jamais, à l’avance, si elles sont interactives ni combien de liens elles comportent
  • Elles n’indiquent pas si le lien a déjà été visité ou non.

Ce qui n’est pas inintéressant, en revanche, c’est l’association d’un lien hypertexte avec une icône.
Attention alors à la qualité des icônes et des métaphores qu’elles exploitent ; elles peuvent tout aussi bien aider à la compréhension qu’ajouter à la confusion. Testez donc la manière dont elles sont perçues par vos utilisateurs !

Dans certains cas, les images peuvent aider à la navigation, lorsqu’elles sont intimement liées au contenu. Par exemple, l’accès à des informations via une carte géographique.